3 astuces pour des vacances agréables avec son enfant hyperactif

Classé dans : l'aider, notre histoire | 6

Comme le disait le père de mon fils il y a quelques années: ce n’est pas des vacances! C’est vrai qu’avec un enfant hyperactif, ce n’est pas évident, ce ne sont pas des enfants faciles.

Et pourtant, cela se passe très bien maintenant; alors qu’est-ce qui a changé?

Ce qui peut vraiment troubler l’enfant hyperactif

Un petit fait qui peut paraitre tout à fait anodin pour l’adulte peut avoir une toute autre proportion pour l’enfant.

Pour l’anecdote avec mon fils et son père, voilà ce qui s’était mal passé. Son 1/2 frère qui logeait dans la même chambre que mon fils, allait rejoindre le lit des parents durant la nuit. Le matin, mon fils se réveillait seul dans la chambre avec un réel sentiment d’abandon ou de non-appartenance à cette famille.

Mais ayant peur de son père, il ne leur a rien dit, ce n’est que de retour chez moi qu’il m’en a parlé. Sans l’exprimer avec des mots, il l’a toutefois exprimé par des actions dérangeantes.Tout d’abord, il ne voulait rien manger d’autre que des produits chocolatés. Et sur les plaines de jeux ou piscines, il se disputait tout le temps avec les autres enfants en les mordant et les tapant.

Après cette anecdote, il a fallu plusieurs années avant que son père n’accepte de le reprendre en vacances. Heureusement, cela se passe bien à présent, son frère ne va plus dans le lit des parents…

Et oui, il en faut peu pour perturber un enfant hyperactif d’autant plus qu’ils sont déjà hypersensibles de nature et que l’expression verbale n’est pas leur fort.

C’est pourquoi, dès que l’enfant a des réactions dérangeantes, il est urgent de communiquer avec lui pour tenter de comprendre ce qui ne va pas. Un enfant qui tape et qui mord ne le fait pas gratuitement, et ce n’est pas toujours l’enfant agressé qui en est la source, c’est plutôt l’exutoire!

 

vacances avec mon enfant hyperactif

photo de Liz West

3 astuces pour des vacances agréables avec son enfant hyperactif

1. Un environnement sécurisant

Le temps des vacances, c’est le temps des voyages, des stages, des séjours dans la famille, un tas de changements qui peuvent littéralement l’angoisser.

L’idéal est de ne pas cumuler trop de stages et de va-et-vient. En partant au même endroit qu’une des années précédentes par exemple, surtout si c’est un lieu qu’il a aimé, cela le rassure.

S’il pleure tout le temps à un stage, mieux vaudrait ne pas forcer. J’en ai fait l’expérience, cela s’est soldé par un accident au 3ème jour avec les deux dents de devant cassées.

Pour ma part, j’ai passé mon premier camp scout à pleurer tous les soirs et à ne quasiment rien manger de la semaine. Alors que les années suivantes, cela s’est toujours bien passé. Je n’étais tout simplement pas prête à quitter le nid familial aussi longtemps et surtout, je n’avais pas encore d’amitiés suffisamment solides pour m’y plaire.

Une des mamans d’enfants hyperactifs que je connais a trouvé la solution, elle n’inscrit son fils à un stage qu’à la condition qu’un de ses copains y participe aussi. Cela le sécurise.

 

2. Un minimum de temps sur les consoles de jeux

Nous vivons une ère où nous nous déconnectons de plus en plus de la nature au profit du virtuel. Il est urgent de se rendre compte que nous plongeons dans une nouvelle dépendance qui, pour les enfants, les amène à se désintéresser de tout le reste, c’est dramatique!

Quand j’entends des parents dire qu’ils mettent leur enfant en stage sportif pour qu’il fasse un minimum de sport, sinon à la maison, c’est sur la tablette ou la console à longueur de journée, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.

Alors oui, plutôt que de se battre, autant les mettre dans des activités où ils n’ont pas d’autre choix.

Sinon, le mieux est encore de montrer l’exemple à condition de n’être pas vous-mêmes accros à votre écran ou votre smartphone… Pour cela, il suffit de déterminer quelques plages-horaires pour les jeux vidéos et chronométrer le temps passé devant les écrans. Que ce soit 30 minutes ou 3 heures, l’enfant aura de toute façon un goût de trop peu, alors tant qu’à faire, autant limiter à ce qui reste raisonnable.

Certains me disent que c’est le seul moment où l’enfant hyperactif est calme. Peut-on vraiment dire calme? Disons plutôt qu’il est scotché à son jeu et qu’il n’ennuie pas son entourage! Quand je vois mon fils et ses copains s’énerver et jurer lorsqu’ils jouent en ligne, j’ai des doutes sur l’effet “calmant” de ces jeux…

Mais qu’il passe des heures avec sa console, à qui cela profite le plus, à l’enfant ou à l’adulte? Tous les scientifiques s’accordent à dire qu’une dose de jeux vidéos trop importante est nuisible pour la santé. Pourquoi encore fermer les yeux sur cette réalité, pour ensuite s’étonner que l’enfant ait des troubles du comportement.

Plus l’enfant est accro aux jeux vidéos, plus il est important de lui expliquer les effets néfastes de cette dépendance puis de l’emmener se promener, jouer au jardin, faire du vélo, du trampoline, aller à la piscine, peu importe. Se reconnecter à son corps en respirant et en bougeant, se reconnecter à la nature et se reconnecter aux autres!

Sinon, l’on finira par en faire une génération de petits autistes qui ne communiquent plus que par skype ou les jeux en ligne! (J’ai toujours en tête mon voisin de 20 ans traînant avec ses copains dans la rue sans trop savoir que faire ou que dire puis se quitter en disant, j’ t’appelle d’ici une heure par skype)

 

3. Un maximum de temps dans la nature

Moins l’enfant a l’habitude de sortir, moins il supporte le froid, le chaud, les insectes …Mais aussi, plus il se déconnecte de la réalité. Un poisson, c’est un fish-stick. Un poulet, des nuggets. Plus aucune notion de l’effort que cela demande pour faire pousser des fruits et légumes, les cueillir…s’occuper des animaux…La vie n’est que se faire plaisir, manger uniquement ce que l’on aime et la santé, on s’en fout. Voilà ce que j’entends régulièrement des enfants de mon entourage. Est-ce vraiment cela que nous voulons pour la génération à venir?

De mon côté, je m’obstine à passer un maximum de temps dans la nature avec mon fils. Temps où l’on communique vraiment, où il se pose et me pose un tas de questions. Retour à la réalité, ouf.

Tout est question d’habitude. Pour intégrer une nouvelle habitude, il faut la répéter chaque jour pendant un minimum de 3 semaines. A partir de ce moment-là, cette action nous demandera moins d’effort, un peu comme si le corps avait intégré les bienfaits de cette habitude et ne pouvait plus s’en passer. Quand mon fils a passé la journée enfermé chez son père, c’est lui maintenant qui me réclame une promenade lorsqu’il rentre, même s’’il est déjà tard.

Si passer du temps dans la nature ne fait pas partie de vos habitudes, je vous conseille fortement de faire l’effort.

Planifiez une activité en plein air que vous aimez, et forcez-vous à vous y tenir pendant 21 jours. Au début, cela vous demandera du courage et de la persévérance mais au bout de 3 semaines, votre corps aura pris l’habitude et aura intégré les bienfaits que cela vous procure. Cela deviendra un besoin nécessaire pour vous sentir bien.

Pour les enfants, c’est pareil, à nous de leur montrer l’exemple, n’est-ce pas notre rôle principal?

Sur ce, je vous souhaite de bonnes vacances!

 

Et vous, quelles sont vos astuces pour passer de bonnes vacances avec votre enfant hyperactif?

Merci de laisser votre commentaire ci-dessous!

Vous souhaitez vivre plus zen avec votre enfant TDAh ?

Découvrez les clés indispensables à son épanouissement

en téléchargeant gratuitement mes PDF

    "  7 conseils pour vivre sereinement avec votre enfant TDAh"

"Quelle école pour nos enfants TDAh?paperbackstack_550x498(1)binderlayingopen_550x634

je hais les spams, votre adresse ne sera jamais cédée ni revendue à un tiers

6 Responses

  1. Chantal P

    Bonjour Valérie. Un très bon article et les trois conseils que tu donnes sont très judicieux et à diffuser… pas que pour un enfant hyperactif !! mais à tous les parents de tous les enfants ! L’ère des jeux vidéos, Skype etc sont bel et bien la tranquillité des parents qui sont censés être les éducateurs donc ceux qui montrent l’exemple mais aussi ceux qui dispensent ces plaisirs de façon raisonnable.
    D’ailleurs, aller dans la nature comme tu en parles est autant bénéfique à l’enfant qu’au parent ! Alors, SORTEZ DE CHEZ VOUS et en vacances, il ne devrait plus y avoir de téléphones (sauf une fois par jour pour les adultes) ni de consoles ni de télé.

  2. Valérie Michiels

    Merci pour ton commentaire, Chantal!
    Mon fils me disait que, même en stage, certains enfants ont leur I Pod en poche et les animateurs consultent le leur à la moindre occasion aussi. Une vraie drogue …
    Quand je vois les bienfaits que me procure la nature, je ne pourrais imaginer vivre épanouie sans elle!

  3. Emilie

    Bonjour Valérie,
    Inutile de te dire que ton approche me parle profondément. Il est d’ailleurs depuis peu considéré que l’hyperactivité est un des symptômes du Syndrome de Manque de Nature… Incroyable, tout de même!
    Pourvu que tes conseils précieux circulent, que ce bon sens remplace peu à peu la Ritaline!…
    A bientôt,

    Emilie Lagoeyte

  4. Angélique biguès

    bonjour, je me questionne depuis de nombreux mois… Pour apaiser un enfant qui s’excite à chaque instant (cri, éclats de voix pendant les jeux, court dehors/dedans, remue la tête et des jambes) . Oui il peut être posé sur un livre, ses capacités d’attention sont courtes (du coup AVS a l’école)… QUe faire? nous allons dehors chaque jour, j’ai bien connaissance d’exercice de relaxation/yoga/… MAIS on peut pas dire a une puce: stop « écoute ta respiration », « assis toi en tailleur », ou « allez on fait l’archer ». Comment le ramener à se centrer quand il est en pleine agitation. En tant que parent, c’est fatiguant, usant car maintenant je crains chaque débordement, car en laissant vivre le débordement en fait ca ne s’arrête pas, l’excitation grimpe! merci pour votre réponse si ca vous parle…

  5. Valérie Michiels

    Pour pouvoir vous répondre de manière précise, il serait utile de savoir quel âge a votre enfant. D’autre part, vous remarquerez que je ne parle pas une seule fois de yoga dans mes articles ni « d’aller dehors » mais bien de se reconnecter à la nature. A ce titre, vivre en ville pour un enfant TDAh est plus problématique que de vivre dans un village ou proche de la nature.
    Le mot qui m’interpelle le plus dans votre commentaire est l’excitation. L’excitation peut se retrouver chez tous les enfants. Les causes sont multiples: ingestion d’excitants alimentaires tels que les sucres raffinés, les phosphates ( édulcorants, colorants…), l’excès d’ondes électromagnétiques, être confiné trop longtemps dans les maisons ou voitures, un environnement étouffant, un manque d’attention à son égard…
    Comment le ramener à se centrer? En ne lui demandant pas de se calmer ou d’arrêter de bouger, ça ne sert à rien. Personnellement, j’attire son attention sur une activité qu’il aime et que je partage avec lui.

Laissez un commentaire