Quelle école pour nos enfants TDAh?

Tout d’abord, dites-vous bien qu’une école peut avoir une très bonne réputation, être une école où bon nombre d’enfants de votre entourage s’y sentent bien, ce n’est pas pour autant qu’elle conviendra à votre enfant!

Pour déterminer si l’école où il se trouve lui convient, voici quelques questions à vous poser:

1. L’école où se trouve votre enfant répond-elle à ces 3 besoins fondamentaux ?

  1. le besoin d’être aimé et reconnu
  2. le besoin de sécurité
  3. le besoin d’appartenance à un groupe

Autrement dit:

  • Son enseignant connait-il la problématique des enfants déficitaires d’attention avec ou sans hyperactivité?
  • Adapte-t-il ses cours en fonction?
  • Le rassure -t-il dans ses apprentissages en le suivant individuellement (lui ou une assistante)?
  • A-t-il des copains qui ont les mêmes difficultés d’apprentissage que lui?

                  OU

  • L’enseignant considère votre enfant comme un retardé mental ou un sale gamin mal éduqué?
  • En maternelle, il vous demandait si votre enfant parle ou comprend le français?
  • Il laisse votre enfant dans le couloir, au fond de la classe ou dans une classe de niveau inférieur pour devoir le supporter le moins possible?
  • Il lui colle des étiquettes comme capricieux, fainéant, arrogant?
  • Votre enfant se sent seul et a difficile à se faire des amis?

 

Toutes ces questions partent de mon vécu et de la constatation qu’une grande majorité des enseignants ignorent encore à ce jour la véritable essence du TDAh. 

Et donc fatalement, ils ont des attitudes qui peuvent blesser l’enfant et ses parents.

Or, si l’un de ces besoins n’est pas comblé, l’enfant va se sentir mal et aura fatalement difficile à s’investir au niveau de ses apprentissages.

Rien que le manque de reconnaissance peut déjà entrainer de l’insécurité qui, elle-même, va générer des comportements dérangeants qui l’excluront du groupe, tout est lié.

 

La confiance que l’enfant aura en lui dépend du regard de l’adulte.

Rien ne sert de courir chez les orthophonistes, les psychologues, les psychiatres, les psy en tous genres, etc… si l’école ne répond pas à ces 3 besoins fondamentaux! Ce n’est pas de cela qu’il a besoin dans l’immédiat, c’est d’une autre école ou tout au moins d’un autre regard de la part de l’enseignant.

Quand mon fils était à «l’école-catastrophe» pour ne pas la citer, son institutrice «m’engueulait» littéralement en disant que la thérapie qu’on lui faisait faire ne servait juste à rien et qu’il fallait changer de psy.

La psy, de son côté, disait que son travail ne servait effectivement pas à grand-chose si c’était pour replonger constamment l’enfant dans ce milieu sans ouverture d’esprit et violent,

une école chacal comme dit Marshall B. Rosenberg, le père de la communication non-violente.

 

Voici un extrait de son livre «Enseigner avec bienveillance»

 » …Permettez-moi de vous donner une idée de ce à quoi ressemble le langage chacal d’un enseignant.

Imaginons que vous êtes mes élèves et moi votre enseignant.

J’observe l’un d’entre vous en train de faire quelque chose qui n’est pas en accord avec mes valeurs. Je vous vois assis sur votre chaise et , au lieu de travailler comme je l’ai demandé à la classe, vous êtes en train de me dessiner , avec un couteau planté dans le dos et du sang gicler partout.

Comment vais-je vous évaluer si je suis un enseignant parlant le langage chacal? C’est évident, vous êtes perturbé sur le plan émotionnel. C’est ainsi qu’une personne chacal est entrainée à penser. Lorsqu’elle vit un conflit, son esprit cherche à déterminer ce qui ne va pas chez celui dont le comportement est en antagonisme avec ses valeurs.

Ou encore, imaginons que vous ne comprenez pas ce que je viens de dire. «Vous êtes lent à apprendre». Et si vous dites quelque chose que je ne comprends pas? «Vous êtes grossier et asocial». Vous n’arrivez pas à me suivre quand je parle. «Vous avez un problème d’ouïe».

Voici une analogie pour illustrer ce qui se passe dans une école chacal: vous êtes un vendeur de voitures et vous ne vendez pas de voitures? Et bien, vous virez les clients… »

Marshall B. Rosenberg

 

2. L’école de votre enfant est-elle suffisamment flexible?

Si la structure dans laquelle votre enfant se trouve est trop rigide, ça ne va pas le faire avec un TDAh. il va ruer dans les brancards ou se replier sur lui-même.

Un système où l’enseignant impose sa façon de travailler ou de voir les choses comme étant l’unique façon valable de le faire, risque de faire de nos TDAh des récalcitrants de premier ordre.
Ou alors, si l’enseignant ne leur impose rien mais les «casse» quand ils font autrement que les autres, ça revient au même.

On est toujours dans une trop grande rigidité et intolérance.

Par contre, leur laisser la liberté de faire le travail demandé avec une souplesse horaire, une souplesse dans les moyens d’y arriver (s’ils se trompent, ça fait partie des apprentissages), le droit au tâtonnement, à la recherche, ça passera tout autrement.

On constate généralement que les TDAh ont soif d’apprendre, là n’est pas le problème , mais ils sont bien plus efficaces en autodidactes.

Apprendre à leur rythme, au moment où ils se sentent prêts, sans la pression au-dessus d’eux ou la peur des évaluations.

Le moment où ils sont prêts correspond généralement à un moment où ils ont besoin de ces connaissances dans leur vie courante.

Par exemple, mon fils refusait de suivre des cours d’anglais jusqu’au moment où il en a eu besoin pour «chatter» dans ses jeux vidéo en ligne.

 

3. Quels sont les objectifs de l’école ?

Est-ce essentiellement l’acquisition de connaissances dans un système qui nourrit la compétition, la carotte et le bâton , à l’image du modèle de société actuelle?

Sous la prétention d’en faire des êtres intelligents, on les éduque surtout à obéir sans trop réfléchir, en leur imposant ce qu’ils sont censés connaitre selon leur âge.

 

Ou une école qui apprend aussi à vivre ensemble, devenir autonome, développer ses facultés de réflexion, d’imagination et de créativité et  qui privilégie l’épanouissement de l’enfant ?

 

 

En sachant qu’un TDAh

  • a difficile à supporter l’ autorité et préfère gérer son temps comme bon lui semble
  • déteste la routine
  • a difficile à garder son attention sur des matières qui ne le motive pas
  • ne supporte pas de rester assis une journée entière sur une chaise

PAR CONTRE,

  • est plus efficace lorsqu’il doit relever des défis, des challenges
  • aime ce qui demande une forte réactivité
  • est plein d’énergie lorsqu’un projet le passionne…jusqu’à ce qu’il s’en lasse
  • aime faire plusieurs choses en même temps (par ex, étudier en sautant comme un cabri…)
  • a besoin de beaucoup d’espace et de temps libre
  • a besoin de liberté de mouvement

 

J’espère que cet article vous aidera à déculpabiliser par rapport aux problèmes de votre enfant TDAh à l’école ainsi qu’à mieux comprendre le type d’école qui lui conviendrait.

Si le livre de Marshall Rosenberg vous intéresse, il est disponible sur Amazon

 

 

 

 

2 Responses

  1. Corinne Gueudet

    Bonjour, mon fils est en première primaire et nous recherchons une nouvelle école pour lui où il sera compris et suivi correctement. Auriez-vous des noms d’école à nous fournir dans le brabant wallon s’il vous plaît ? Merci d’avance pour vos réponses …

  2. Michiels Valérie

    Bonjour,

    L’école ouverte à Lasne est déjà mieux pour ces enfants, bien que ça dépend des professeurs aussi.
    Le souci des écoles alternatives, c’est qu’ils se retrouvent parfois avec un grand nombre de « moutons noirs » et c’est parfois difficile à gérer.

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