Mon enfant hyperactif: trop gâté et mal éduqué?

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Trop gâté et mal éduqué, un reproche que l’on fait souvent aux parents d’hyperactifs

 

 Le vilain petit canard

Conte Hans Andersen datant du 19 ème siècle. Le rapport avec nos enfants hyperactifs? Le regard que l’on pose sur eux.

Ils sont différents, ne correspondent pas à la norme et donc dérangent. Mépris, moqueries, rejet sont le lot de souffrances trop souvent vécues. Tant qu’ils n’auront pas trouvé de personnes autour d’eux qui reconnaissent qui ils sont vraiment, ils seront eux-mêmes convaincus d’être laids ou trop ceci, pas assez cela, jusqu’à perdre confiance en eux, en leurs richesses et en leurs forces…

De là à culpabiliser les parents, c’est tellement facile. L’on voit souvent dans une même famille certains enfants qui ne posent aucun problème et puis l’un qui pose tous les problèmes.

A partir du moment où l’on a corrigé certaines habitudes – alimentaires notamment ( cfr articles précédents et le guide des 7 conseils gratuits) , cela devient déjà beaucoup plus gérable. Mais le plus important, c’est de comprendre qu’ils sont des petits cygnes (vilains petits canards) dans une famille de canards et que donc, ils sont différents!

   Le vilain petit canard

vilain petit canard

photo de Regisse.com de Fotolia;com

J’en reviens aux deux fonctionnements cérébraux dont parlaient Marie-Françoise Neveu dans “les enfants actuels”. Les vilains petits canards, ce sont les cerveaux droits. Clairement, ils dérangent parce qu’ils ne pensent pas et n’agissent pas comme la majorité cerveau gauche. Les dominants cerveaux gauches pensent plutôt de manière rationnelle, logique, séquentielle, dans le détail, organisée… alors que les dominants cerveaux droits  de façon intuitive, synthétique, imaginative, impulsive, hypersensible, empathique et émotionnelle.

L’éducation idéale leur apprendra à développer les 2 facettes car elles sont complémentaires – par des exercices de Brain-gym par exemple.  Mais tout d’abord, ils ont besoin de reconnaissance et de liberté d’agir à leur façon dans leur vie.

L’école traditionnelle est clairement conçue pour les dominants cerveaux gauches: formater les enfants pour qu’ils deviennent de gentils moutons qui, toute leur vie, travailleront bien sagement, aspirant à la retraite pour profiter quand même un peu de la vie ( si avec un peu de chance, ils y arrivent en bonne santé).

Avec nos hyperactifs, clairement, ça ne passe pas. Au lieu de vouloir les changer, mieux vaut les changer d’école et trouver des écoles plus ouvertes. Des écoles où l’enfant est acteur, chercheur, proche de la nature, avec des projets constructifs et motivants. Par expérience, j’ai connu des enfants qui dans l’ école traditionnelle étaient insupportables au point que les enseignants obligeaient les parents à les mettre sous médicament. Les mêmes enfants dans une école alternative étaient devenus “normaux”!

Souvent, ces écoles ont un cout supplémentaire, mais entre ce coût–là et le coût de toute la panoplie de médecins, thérapeutes, etc, ça vaut le changement (personnellement, nous payons 800 € par an, cela reste raisonnable).

Une vertu à préserver: la patience

Personnellement, mon fils n’est pas attiré par la plupart des jouets, Juste les lego et la console et les BD.  Je vois autour de moi, la plupart des enfants ont beaucoup  plus de jouets au point que leur chambre est un véritable capharnaüm. Avec mon fils, nous faisons chaque année une brocante où il vend ses anciens jouets et vêtements. Cela lui donne une certaine  idée de la valeur de l’argent et cela lui permet d’avoir une chambre dégagée et zen. Donc, gâté, il y a bien pire.

Par contre, là où je dois lutter, c’est pour ne pas lui acheter dans l’immédiat le cartable qu’il veut absolument ou le nouveau jeu vidéo. Lorsqu’il désire quelque chose, il revient avec ça chaque jour comme un lavage de cerveau. Ce serait effectivement plus facile pour moi de le lui acheter, j’aurais la paix. Mais je tiens bon, en lui rappelant à  chaque fois qu’il a le choix entre économiser son argent de poche (même si ça prend des mois) ou patienter jusqu’aux fêtes de fin d’année ou son anniversaire et qu’il l’appréciera d’autant mieux après avoir attendu !

La patience, ça c’est vraiment difficile pour eux. Je lui réponds que tout s’apprend, la patience aussi. Comme tout va si rapidement maintenant, c’est vraiment une vertu qui se perd.

Lorsque je fais les magasins avec lui, si je l’écoutais, l’on achèterait effectivement plein de “brols” mignons, sympas, pas chers …et que l’on ne regarderait même plus au bout de quelques jours. A présent, si une chose m’attire, je fais le choix de ne pas l’acheter tout de suite et de me donner quelques jours de réflexion. La plupart du temps, je ne retourne pas l’ acheter.

Leurs attitudes inappropriées: le reflet d’un environnement qui ne leur convient pas

Ses attitudes sont radicalement différentes selon l’adulte avec qui il se trouve.

Son institutrice l’an dernier avait très bien réussi à le cadrer, lui laissant une certaine liberté un moment puis le ramenant doucement à son travail. Par contre dès le premier jour, au premier crayon tombé par terre (excellente raison pour se lever de sa chaise), elle lui a dit fermement: ça reste par terre.

Comme tout enfant, il va nous tester dans nos limites, à nous de clairement délimiter là où cela n’est plus tolérable pour nous.

Ce que je constate surtout, c’est qu’ils ont besoin d’adultes rassurants. J’ai remarqué par exemple qu’avec les profs qui aiment leur métier et qui sont bien dans leur peau, cela se passe très bien. A l’inverse, avec des professeurs en dépression ou impatients d’être en congé ou à la retraite, là, ça foire complètement.

Autrement dit, oui, il a des comportements de mal éduqué dans des situations qui le font sortir de ses gonds. Ce n’est pas l’enfant qu’il faut remettre en question, mais l’adulte ou le système dans lequel on essaie vainement de le formater!  Ce sont des enfants qui invitent à la remise en question. Pour ceux qui ne sont pas prêts à cela, bonjour les dégâts.  

Pour ma part, mon enfant hyperactif a été un véritable révélateur de ma face “ombre”. Sans lui, je ne pense pas que je me serais autant remise en question et donc autant avancé sur mon propre chemin de développement personnel. Une des thérapeutes kinésiologue et énergéticienne qui a travaillé sur mon fils me disait que trop souvent, les enfants qu’elle voyait en consultation était le reflet du mal-être des parents. Tant que les parents ne souhaitaient pas travailler sur eux, leurs blessures, leurs peurs etc,, son travail sur l’enfant n’avait que peu d’impact, Et que donc, si l’on veut aider son enfant dans son épanouissement, cela exige de d’abord travailler sur soi en tant qu’adulte!

En conclusion, quels que soient les attitudes dérangeantes de ces enfants, prenez-les comme des miroirs de votre partie inconsciente qui demande à être mise en lumière. Cela changera complètement votre regard sur ces enfants….

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