Les 3 clefs pour bien vivre la procrastination du TDAh

Classé dans : l'aider, le comprendre | 2

Pourquoi le TDAh reporte toujours à plus tard?

Comment éviter de m’énerver face à cette attitude et à mieux la gérer?

Comment le guider vers les priorités sans mettre trop la pression?

Voici l’objectif de cet article…

Pas maintenant, je le ferai après

 

Pas maintenant

Entre le “pas maintenant, je le ferai après” et le “non, j’ai pas envie”, je ne sais pas laquelle de ces 2 phrases j’entends le plus souvent de la part de mon fils.

Nous savons maintenant que le TDAh est différent physiologiquement. Qui dit fonctionnement cérébral différent dit façon de penser différente et façon d’agir différente.

Mais, ayant un fonctionnement hors norme, le TDAh est généralement éduqué contre-nature, ce qui fragilise sa confiance en lui et crée en lui de la culpabilité.

 

Pour bien vivre la procrastination du TDAh, voici les 3 clefs à respecter:

1. Son besoin de décompresser

2. Son besoin de laisser faire, laisser mûrir

3. Accepter ce mode de fonctionnement sans le culpabiliser

 

1. Son besoin de décompresser

Un TDAh  est une véritable éponge. Quand il revient de l’école, soit il est complètement à cran, soit complètement sonné. Dans les 2 cas, il a besoin de décompresser et de recharger les batteries avant de faire ses devoirs et ses leçons.

Il y a quelques années, je forçais mon fils à faire ses devoirs directement après avoir pris son goûter, lui donnant comme prétexte: “Après , tu seras tranquille pour jouer”. C’est peut-être vrai dans un sens, sauf que, de cette façon, je négligeais son besoin de décompresser.

En tant qu’adulte, nous savons très bien qu’il y a certains moments où nous ne sommes pas du tout en condition pour accomplir telle ou telle tâche; soit à cause de la fatigue, d’un souci, ou nous n’avons tout simplement pas envie de mettre notre énergie dans ce type d’activité à ce moment-là.

Si l’on se force néanmoins à faire ce qui doit être fait (le “je dois”), il y a de fortes chances que nous ne serons pas très performants. Soit, nous trainons, nous nous laissons distraire, nous nous énervons ou faisons des bêtises parce que tout simplement, nous ne respectons pas notre besoin, le besoin de ne pas faire cette tâche à ce moment-là.  

C’est pareil pour nos enfants.  

Depuis que je laisse mon fils libre de faire ses devoirs quand il le souhaite, je vois qu’il est plus disponible lorsqu’il se met à la tâche.

En rentrant de l’école, je regarde avec lui son journal de classe, qu’il sache ce qu’il a à faire, puis c’est lui qui gère son temps.

 

2. Son besoin de laisser mûrir

Ceci concerne surtout les travaux plus conséquents ou qui nécessitent un temps de réflexion.

Je vais pour cela vous partager quelques unes de mes expériences.

Lorsque j’étais adolescente, j’avais un professeur de français qui nous demandait de faire des créations de texte durant son cours. Et bien, pour ma part, J’étais tout à fait incapable  de le faire, c’était la page blanche à chaque fois. Heureusement, il nous laissait terminer (je devrais dire “commencer et terminer”) à la maison; et la plupart du temps, c’est seulement tard le soir que d’un seul coup, je pondais mon texte. Au final, j’obtenais toujours d’excellentes notes, mais s’il avait eu la mauvaise idée de ramasser les copies en fin de cours, j’aurais été en échec à son cours. 

Pareil pour un projet communautaire de permaculture dont je faisais partie. Il fallait trouver un nom et un logo. En y réfléchissant, pas d’idée, les autres non plus; Puis quelques semaines plus tard, à un moment où je faisais toute autre chose, j’étais attirée par la couverture d’un livre de ma bibliothèque. En sortant ce livre, un détail du dessin de la couverture me frappe, En un clin d’oeil, le lien s’est fait dans ma tête entre le logo et ce détail.Puis le titre est venu tout naturellement pendant que je dessinais le logo. Ils ont été adoptés par le groupe sans aucune retouche. 

Un TDAh a besoin de temps pour que son travail arrive à maturation. Plus il lâche prise sur le projet qu’il a à terminer, en menant d’autres activités, mieux le projet va mûrir à son insu. Et à un moment donné, tilt , tout sera là dans sa tête, tout sera clair, ce sera le moment de passer à l’action.

Si au contraire, il se force à agir alors qu’il ne le sent pas, son travail ne sera pas très bon ou ce sera carrément la page blanche, le blocage. La volonté n’y changera rien, au contraire, ce n ‘est tout simplement pas le bon moment.

 

3. Accepter ce mode de fonctionnement sans le culpabiliser

C’est en lisant le livre “Petit guide pour les gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués” de Béatrice Millêtre que j’ai eu le déclic il y a quelques années.

Avant de découvrir ce livre, je culpabilisais tout le temps face à cette habitude de ne pas passer à l’action immédiatement. Depuis que j’ai pris conscience de ces façons de penser et d’agir différentes( celles des dominants “cerveaux droits” en général), je le vis tout autrement, c’est-à-dire beaucoup mieux.

Il est vrai que souvent, nous aimerions pouvoir agir plus rapidement, mais il y a comme une force en nous qui nous en empêche, une force qui nous pousse à une certaine forme d’inertie. J’ai compris maintenant qu’inconsciemment, j’ attends le bon moment.

En observant avec du recul toutes les fois où j’ai remis à plus tard ou laissé un travail inachevé pendant un certain temps, je remarque qu’ il fallait d’abord que je rencontre telle personne, ou que je lise telle information ou encore que tel évènement n’arrive avant que je n’achève le travail définitivement.

 

Donc fini de se culpabiliser ou de se juger. Encore moins d’écouter les propos négatifs d’autrui, remettre à plus tard est juste pour les TDAh!

 

La clef de l’histoire, la plus dure à accepter est de ne rien faire: de juste attendre que le moment soit venu.

Ou de suivre votre instinct, votre intuition, votre première idée.

Osez fonctionner à l’opposé de ce que l’on a toujours voulu vous inculquer…”

Béatrice Millêtre

 

En conclusion

– Pour bien faire quand on est proche d’un TDAh

Laissez le TDAh libre d’agir selon son ressenti. La pression extérieure est source de stress et de blocages. Par contre, demandez-lui régulièrement où il en est dans sa préparation, ayez un échange constructif sur le sujet plutôt que du contrôle. Toute conversation peut nourrir son projet et le motiver si elle est sous forme de soutien moral.

Sans culpabilité, le TDAh est plus productif et a plus de chances de terminer son travail dans les meilleurs délais.

 

– Pour bien faire quand on est TDAh

1. Se fixer des priorités. Eclaircir les objectifs à atteindre.

A noter que plus le TDAh a d’actions différentes à mener en même temps, plus il sera efficace et stimulé.

2. Etre attentif à tout ce qui se passe autour de nous et qui peut nourrir notre projet

Quand nous avons un projet à mettre en place, gardons –le en sourdine tout au long de la journée. Et comme par “hasard”, nous entendons à la radio, chez nos amis, au travail…des  informations qui peuvent alimenter notre projet. Pas toujours directement mais nous avons une certaine facilité à faire des liens entre les différentes choses. Ce qui fait notre originalité et notre pouvoir créateur.  

3. Passer à autre chose, si possible des activités qui ne demandent pas trop à réfléchir comme faire le ménage, se balader, ou simplement “s’allonger les doigts de pieds en éventail “ comme dit Béatrice Millêtre.

4. Comme une création, le projet grandit peu à peu. Ce sera parfois le vide pendant des jours et puis tout à coup, après tel évènement ou tel déclic, c’est l’avalanche d’idées (à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit!), il n’y a plus qu’à mettre en oeuvre. Comme cela se passe la plupart du temps pour les artistes et créateurs.

 

Si vous êtes jeune ou adulte TDAh, je vous encourage vivement à lire le livre de Béatrice Millêtre, c’est tout le poids de la culpabilité que l’on dépose une fois pour toutes et l’on prend réellement conscience de notre mode de fonctionnement (dominant cerveau droit) en comparaison au mode de fonctionnement normal, c’est-à-dire de la norme (dominant cerveau gauche).

 

Acheter ce livre sur Amazon

 

 

Et vous, comment vivez-vous la procrastination du TDAh ? Merci de le partager dans les commentaires ci-dessous;  

credit photo: Drubig photo-Fotolia.com

Vous souhaitez vivre plus zen avec votre enfant TDAh ?

Découvrez les clés indispensables à son épanouissement

en téléchargeant gratuitement mes livres

    "  7 conseils pour vivre sereinement avec votre enfant TDAh"

"Quelle école pour nos enfants TDAh?paperbackstack_550x498(1)binderlayingopen_550x634

je hais les spams, votre adresse ne sera jamais cédée ni revendue à un tiers

2 Responses

  1. Je le vis bien, sans avoir lu le livre j’ai compris que c’est comme ça que je fonctionne: pas la peine de me bousculer ça ne marche pas. Je me laisse du temps, celui qu’il faut…et pour ce qui est non négociable en terme de temps ou d’horaire c’est organisé très en amont et ça fait partie d’une routine. Bon, ça n’empêche pas d’oublier plein de choses mais rien de très important ( à part les anniversaires :-(( )

  2. Merci pour votre partage, ça me fait plaisir que vous le viviez bien, Séverine, que vous soyez suffisamment centrée pour comprendre comment vous fonctionnez et ne pas vous laisser influencer par la pression des autres. S’organiser en amont est effectivement important.

Laissez un commentaire